Sachez éviter l’encroûtement professionnel

Sachez éviter l’encroûtement professionnel

Vous trouvez que votre travail actuel ne vous mène nulle part? Vous vous sentez sous-payé(e), surchargé(e) ou pas évalué(e) à votre juste valeur? Le prochain échelon de la hiérarchie vous semble inaccessible? Vous en êtes même au point où vous vous demandez si vous êtes au bon endroit?

Eh bien, il vous faut affronter la réalité : vous êtes en situation d’« encroûtement professionnel ». Avant de vous enliser davantage dans ce qui pourrait devenir une tranchée ou même vous conduire à l’épuisement professionnel, cessez de déployer des efforts qui ne pourraient qu’être vains. Suivez plutôt ces dix conseils qui visent à vous faire sortir de l’ornière et à vous aider à y voir plus clair :

  1. Faites votre bilan personnel. « Problème bien défini est à moitié résolu », pourrait-on dire en s’inspirant d’un proverbe bien connu. Souvent, nous mettons sur le dos de notre travail nos problèmes d’ordre personnel. Sachez que vous ne pouvez espérer le bonheur et l’épanouissement au travail si, dans les autres sphères de votre vie, tout concourt à vous rendre insatisfait(e), contrarié(e) ou malheureux(se). Par ailleurs, votre emploi ne doit pas être votre seule source de bonheur, ni non plus un refuge où vous pouvez faire abstraction de vos problèmes personnels. Telle une table soutenue par quatre pattes, votre vie repose sur divers piliers : santé, vie spirituelle, vie familiale, vie amoureuse, relations sociales, carrière, épanouissement personnel, etc. Si l’un de ces piliers est plus court que les autres, l’équilibre en pâtira. Vous avez tout à gagner à évaluer les divers aspects de votre vie afin de cerner la cause de votre désarroi.

  2. Comprenez les symptômes du mal. S’il ressort de votre analyse que c’est votre vie professionnelle qui est en cause, soyez à l’affût des signes avant-coureurs d’un épuisement professionnel. Vous est-il pénible de vous lever le matin pour aller au boulot? Êtes-vous découragé(e) à l’idée d’entreprendre une autre journée de travail? Comptez-vous le nombre de jours qu’il reste avant le week-end... ou le nombre d’heures avant 17 h? Vos heures de lunch s’allongent-elles? Passez-vous plus de temps à des conversations qui n’ont rien à voir avec le travail à faire? Prenez-vous du temps au bureau pour planifier vos activités personnelles? Avez-vous cessé de faire des lectures en lien avec votre travail? Entretenez-vous des idées noires sur le plan professionnel? Êtes-vous devenu(e) plus cynique à l’égard de votre travail? Vous ennuyez-vous à mourir ou manquez-vous d’enthousiasme au travail (pas seulement de temps en temps)? Vous faites-vous un sang d’encre à propos de la gestion de votre temps et des délais à respecter? Trouvez-vous que vos talents ne sont pas exploités au maximum? Trouvez-vous difficile de vous concentrer? Pris individuellement, tous ces symptômes ou comportements ne sont peut-être pas le signe d’un épuisement professionnel, mais si vous avez répondu « oui » à trois ou plus de ces questions, il est temps d’entreprendre une sérieuse réflexion et/ou de donner un bon coup de barre.

    Dressez la liste de toutes les choses qui vous tracassent à propos de votre emploi. Vos fonctions ont-elles changé à un point tel que cela vous déplaît (ou peut-être sont-elles restées les mêmes alors qu’elles auraient dû changer)? Assumez-vous de nouvelles responsabilités de direction ou devez-vous maintenant répondre de vos actes auprès de quelqu’un d’autre? Venez-vous de terminer – ou d’entreprendre – un gros projet? Les budgets établis limitent-ils votre capacité à faire votre travail? Vos supérieurs hiérarchiques entravent-ils vos chances de progrès? Et sur combien de ces obstacles avez-vous un certain contrôle (en vue d’améliorer les choses)?

    Gardez à l’esprit qu’un emploi, c’est beaucoup plus qu’une source de revenus. Si vous croyez que vous n’êtes pas assez payé(e) pour ce que vous faites (comme bien des gens d’ailleurs...), il y a de fortes chances que, dans tous les postes que vous occuperez, vous viviez une certaine frustration... Quel que soit le salaire qui vous sera versé, vous aurez toujours l’impression que vous méritez davantage. Or, vous pourriez bien vous retrouver un jour avec un gros salaire, mais cela ne sera pas le gage de votre bonheur au travail.

  3. Vivez pour aujourd’hui. Voyez la vie comme une pièce en trois actes : hier, aujourd’hui et demain. La seule chose que vous puissiez faire à propos d’hier, c’est d’en tirer de bonnes leçons; vous ne pouvez rien y changer. La seule chose que vous puissiez faire à propos de demain, c’est de vous préparer pour cette journée. Mais cette planification ne doit pas se faire au détriment d’aujourd’hui, que vous devez vivre pleinement, le jour-même.

  4. Soyez prêt(e) à accepter une mutation latérale. De nos jours, les entreprises ont un effectif moindre et ont le souci de faire plus avec moins. Fini le temps où un organigramme comptait de nombreux niveaux de cadres intermédiaires. Fini aussi les promotions quasi automatiques qui étaient décernées davantage à l’ancienneté qu’au rendement. L’avancement professionnel ne se mesure plus à la progression dans la hiérarchie; parfois, les changements intéressants consistent à saisir l’occasion d’occuper des postes diversifiés au sein de l’entreprise. Ces mutations latérales permettent ainsi une meilleure compréhension des défis des autres départements et favorisent l’acquisition d’une large gamme de compétences, au fil des ans. Par ailleurs, il est bon de se rappeler que gravir l’échelon suivant n’est pas forcément une nécessité absolue et que, pour certaines personnes, cela peut les éloigner de ce qu’elles aiment de leur travail.

  5. Ne lâchez pas la proie pour l’ombre. Si vous broyez du noir à cause de votre poste actuel, il est facile de trouver l’herbe plus verte chez le voisin. D’autres emplois vous sembleront plus intéressants, plus payants ou plus susceptibles de présenter de beaux défis. Or, les apparences peuvent être trompeuses. Comme on dit en anglais, les verrues et les boutons se voient rarement de loin. En discutant avec des amis, des collègues ou des membres de votre famille, vous pourriez bien constater que vous n’êtes pas seul(e) à vivre les mêmes frustrations au travail. La situation est peut-être même pire ailleurs. Alors, rappelez-vous que ce que vous recherchez est peut-être plus près de vous que vous le croyez.

  6. « Congédiez-vous ». Si les choses sont réellement si terribles au boulot, démissionnez avant de partir, vendredi. Eh oui... donnez-vous votre 4 %! Une fois à la maison, plaignez-vous que vous avez perdu votre emploi, demandez-vous comment vous allez joindre les deux bouts et faites-vous consoler toute la journée du samedi. Mais, dès dimanche, commencez votre recherche d’emploi en dépouillant les petites annonces (publiées dans le journal de la veille, par exemple). Vous finirez bien par trouver une offre d’emploi pour le travail que vous faisiez, qui exige votre expérience et vos compétences. La description de tâches semblera tout désignée pour vous et le salaire, dans la fourchette de ce que vous espérez. Bingo! Vous vous ré-embauchez. Morale de l’exercice : parfois le tableau n’est pas aussi sombre qu’on aime le présenter.

  7. Donnez-vous l’impulsion qu’il vous faut. Dans le monde des affaires actuel au rythme effréné, les entreprises doivent toujours chercher à proposer de nouveaux produits ou services et à percer de nouveaux marchés. Le modèle d’affaires classique perd de plus en plus de sa pertinence. À une époque où nombre d’entreprises cherchent à jeter de solides bases ou à se faire un nom, soyez à l’affût des nouvelles occasions qui se présentent. Sautez sur les occasions d’assumer de nouvelles fonctions ou des fonctions accrues. N’hésitez pas à vous proposer volontaire pour des tâches supplémentaires, si vous le souhaitez ou le pouvez. Mieux encore : sortez de votre zone de confort et soyez l’artisan des changements qui auront une incidence sur votre vie professionnelle. Portez votre réflexion au-delà du cadre habituel. Participez à des organismes ou à des comités dans votre secteur d’activité : vous vous tiendrez ainsi au courant des faits nouveaux et des plus récentes tendances et vous acquerrez une certaine visibilité. Outre votre crédibilité et votre travail acharné, cette visibilité accrue dans votre milieu attireront à coup sûr l’attention des personnes susceptibles de faire déclencher l’effet boule de neige du réseautage.

  8. Enrichissez votre vie. Après tout, votre emploi n’est peut-être qu’un pan de votre vie, sans plus. La sphère de votre vie où vous trouverez quelque chose de significatif pour votre épanouissement – ou dans laquelle vous vous démarquerez – est peut-être ailleurs que dans votre travail. Soyez actif (active) dans votre collectivité, par exemple en faisant du bénévolat. La plupart des entreprises aiment prendre part à des projets d’intérêt collectif tels que la campagne de financement de Centraide ou l’organisation d’une collecte de sang; pour ce faire, elles ont toujours besoin de bénévoles dévoués. En dehors du cadre professionnel, il existe aussi une foule d’occasions de tisser des liens et de faire une différence dans la vie de quelqu’un. Devenez l’entraîneur de vos enfants. Suivez un cours ou, mieux encore, donnez des cours dans un champ d’intérêt qui vous passionne. Impliquez-vous dans la défense d’une cause qui vous tient à cœur. De telles activités insuffleront une nouvelle énergie en vous et enrichiront à coup sûr votre vie.

  9. Tâtez le terrain avant de faire le saut. Si vous ressentez le besoin de laisser votre emploi actuel, lancez-vous d’abord activement dans une recherche d’emploi. Utilisées correctement, vos initiatives tactiques seront avantageuses de trois façons : vous peaufinerez votre capacité à participer avec aisance aux entretiens d’embauche, vous pourrez mieux cerner ce que vous valez sur le marché de l’emploi et vous disposerez de points de référence en fonction desquels vous pourrez juger les prochaines occasions qui se présenteront. Rappelez-vous toutefois de procéder avec la plus grande discrétion : si votre patron se rend compte de vos intentions et de vos démarches, il se pourrait bien que votre recherche d’emploi doive passer à la vitesse grand V.

  10. Fixez-vous des objectifs. Si vous décidez de partir, élaborez un plan d’action et un échéancier. Quelle sorte d’emploi voulez-vous et quelle est la voie à suivre pour y arriver? Comment allez-vous vous faire connaître sur le marché? Allez-vous sortir l’artillerie lourde pour parvenir à vos fins, ou allez-vous plutôt faire des frappes chirurgicales? Nombreux sont les outils à votre disposition : réseaux professionnels, chasseurs de têtes, agences de placement, sites de recherche d’emploi en ligne, annonces dans les journaux, etc. Comment allez-vous intégrer et/ou mettre à profit toutes ces ressources, dans le cadre de votre recherche? Combien de CV allez-vous envoyer par jour ou par semaine? Combien de contacts en personne aurez-vous le temps d’avoir dans une journée ou une semaine? Quel type de recherche devez-vous entreprendre? Combien de temps êtes-vous prêt(e) à attendre avant de trouver l’emploi parfait dont vous rêvez? De plus, préparez-vous à assumer les conséquences si jamais votre employeur vient à savoir ce qu’il ne doit pas savoir... Que ferez-vous en cas de congédiement? Que ferez-vous si on tient à vous garder et qu’on vous fait une contre-offre?

Toutes ces pistes de réflexion ont une chose en commun : elles vous obligent à prendre la responsabilité de votre vie professionnelle actuelle et future – ainsi que la responsabilité de toute démarche à entreprendre pour vous prendre en mains. Une fois la machine en marche, il est très facile de la maintenir sur son erre d’aller. Cessez de faire partie des geignards et passez plutôt à l’action!